Narendra Modi à Mumbai le 17 février 2026. ( AFP / LUDOVIC MARIN )
L'activité économique indienne a connu une croissance plus rapide que prévu au cours du dernier trimestre 2025, selon les données officielles publiées vendredi qui font état d'une hausse de 7,8% en glissement annuel.
Elle s'explique par une consommation des ménages soutenue et un nouveau cadre de calcul plus précis de la production économique, selon le ministère des statistiques.
Bien que le taux de croissance du pays soit inférieur aux 8,4% sur un an enregistrés au trimestre précédent, il dépasse légèrement les attentes du marché, qui tablait sur 7,6%.
Aditi Nayar, de l'agence de notation ICRA, a déclaré que le chiffre de la croissance du PIB était "plus satisfaisant que prévu". "Ce ralentissement s'explique, comme prévu, par la performance des secteurs agricole et industriel non manufacturier", a-t-elle précisé dans une note.
Le chiffre du dernier trimestre 2025 confirme que l'Inde est l'une des grandes économies mondiales à la croissance la plus rapide.
Il est publié après une année difficile pour les décideurs politiques, confrontés à des droits de douane américains élevés, à la dépréciation de la roupie et à une consommation qui était jusque là atone.
Devant des perspectives économiques moroses pour 2025, le Premier ministre Narendra Modi a cherché à dynamiser l'activité en réduisant drastiquement les impôts sur le revenu et la consommation, ce qui a contribué à la reprise des dépenses de consommation ces derniers trimestres.
New Delhi est également parvenue à conclure un accord commercial avec Washington en début de mois, ce qui a soutenu la roupie, mais seulement quelques semaines avant que la Cour suprême des États-Unis n'invalide les droits de douane massifs imposés par le président Donald Trump.
Les chiffres du PIB sont également les premières données publiées selon un cadre révisé qui, selon New Delhi, reflète mieux "les réalités d'une économie en pleine mutation".
La refonte des données a conduit l'Inde à adopter l'année de référence du PIB 2022-2023 au lieu de 2011-2012 et à intégrer une évaluation des prix plus finement graduée afin de répondre aux inquiétudes selon lesquelles les méthodes précédentes reposaient trop fortement sur l'indice des prix de gros.
Les calculs de croissance s'appuient désormais sur des sources de données plus récentes, notamment les informations issues des bases de données fiscales et d'immatriculation des véhicules en ligne de l'Inde.
Le gouvernement affirme que ces données permettent d'aligner "plus étroitement les chiffres officiels sur la structure et la dynamique de l'activité économique actuelle".
Elles conduisent également New Delhi à relever ses prévisions de croissance pour l'exercice financier en cours, qui s'achève en mars.
Le PIB indien devrait croître de 7,6 % pour l'ensemble de l'exercice, contre 7,4% prévu le mois dernier, selon un communiqué du ministère des Statistiques.
Ces derniers chiffres rapprochent Modi de son objectif de faire de l'Inde un pays développé d'ici 2047 – un objectif qui, selon la plupart des analystes, nécessiterait une croissance économique d'environ 8 % par an jusqu'à cette date.
Les analystes estiment que la trajectoire de croissance annoncée par New Delhi réduit la probabilité d'une baisse des taux d'intérêt de la part de la banque centrale indienne.
"Du point de vue de la politique monétaire, le point important est que ces nouvelles données confirment la bonne performance de l'économie", a déclaré Shilan Shah de Capital Economics dans une note.
"Elles ne remettent pas en cause notre opinion selon laquelle le cycle d'assouplissement de la politique monétaire de la Banque de réserve est arrivé à son terme".
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